Film : Men, Women & Children

© Paramount Pictures

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Men, Women & Children suit l’histoire d’un groupe de lycéens et leurs parents alors qu’ils essaient de vivre dans un monde chamboulé par Internet. Le net qui a littéralement changé les relations, la façon de communiquer, l’image que l’on a de soi, et la vie amoureuse. Le film tente d’aborder les problèmes sociaux tels que la culture du jeu vidéo, l’anorexie, l’infidélité, la recherche de la gloire, et la prolifération des contenus illicites sur Internet. Chaque personnage et chaque relation sont testés et l’on nous montre les différents choix des gens – certains sont tragiques, ou au contraire pleins d’espoir et il semble évident que personne n’est à l’abri de cet énorme changement social survenu avec l’apparition des téléphones portables, tablettes, et ordinateurs.

Le film, narré par Emma Thompson,  est réalisé par Jason Reitman que j’aime beaucoup : Thank You For Smoking était son premier long métrage en tant que réalisateur. Aaron Eckart y était superbe. Ont ensuite suivi le très réussi Juno, Up In The Air (où pour une fois il n’y a pas que l’homme qui fait les coups bas), Young Adult (avec une Charlize Theron complètement déjantée) et Last Days of Summer. Jason Reitman inclut toujours une sorte de cynisme et de « non, les choses ne se finissent pas toujours bien » dans ses films, chose que j’apprécie. Il arrive que les acteurs ne soient pas filmés à leur avantage (dans Men, Women & Children, Jennifer Garner n’est absolument pas glamour mais complètement crédible en mère ultra-stressée) et ils en ressortent changés, grandis.

Men, Women & Children m’a, à première vue, fait penser au premier film de Gia Coppola (nièce de Sofia et petite fille de Francis), Palo Alto, qui retrace les problèmes actuels des ados d’aujourd’hui, sur la côte ouest.

« If I disappeared tomorrow, the Universe wouldn’t really notice »– Tim Mooney.

Les problèmes qu’ont les « jeunes » d’aujourd’hui ne sont pas du tout les problèmes que nous avions, au même âge. Tout est analysé, disséqué, le moindre échange passe par les réseaux sociaux (et donc les portables), les jeunes n’arrivent pas à communiquer simplement, en se parlant de vive voix. De mon temps, lorsqu’on se donnait rendez-vous, on indiquait l’heure et le lieu et on y allait, on n’avait pas le choix – on n’avait pas de portable. Aujourd’hui, on s’envoie un email ou un SMS, on arrive en retard et on ne prend même pas le temps de prévenir. L’écran de nos portables nous enlève tout moyen de communiquer en direct. L’écran devient le mur qui nous sépare du monde réel, on fait des vidéos pour tout enregistrer. Comment font les jeunes, de nos jours, pour se rencontrer ? Il y a les réseaux sociaux et l’engouement pour Tinder ou autres plateformes spécialisées (Ashley Madison) où « l’amour », pas le grand ni le vrai, passe sur nos écrans … bouh ! au risque de paraître rabat-joie, je préférais le temps où les rencontres se faisaient en vrai, IRL (in real life), dans une soirée ou un bar, en discutant, avec le côté sympa de la drague et de la séduction, des échanges, les yeux dans les yeux, et non les yeux rivés sur un écran.

C’est quand même très difficile d’être un ado à notre époque – et je plains les parents qui doivent faire face à tous ces nouveaux problèmes relationnels en ne tombant pas dans les extrêmes.

Bande annonce de Men, Women & Children // Distributeur : Paramount

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