Films : Point Break 1991 et Point Break 2015

Il y a 25 ans (eh oui quand même) sortait le film Point Break, réalisé par Kathryn Bigelow, ex épouse de James Cameron (qui lui, est producteur du film et sortait au même moment un de ses Terminator) avec Patrick Swayze dans la peau du rebelle Bodhi et Keanu Reeves dans la peau de Johnny Utah, agent du FBI. À l’époque, les spécialistes du cinéma ne donnaient pas cher du film car :
1) il était réalisé par une femme : comment diable est-ce qu’une femme peut rivaliser avec un homme pour la réalisation d’un film d’action ?
2) personne ne croyait au duo Swayze/Reeves – d’ailleurs, plusieurs autres acteurs devaient incarner Johnny Utah (Matthew Broderick, Willem Dafoe – really??) avant que ce rôle ne soit finalement cédé à Keanu (merci Kathryn d’avoir insisté sur ce coup là)
3) le scénario tournait essentiellement autour du surf et de sa philosophie et les gens pensaient que ça n’intéresserait personne à part les surfeurs

I caught my first tube today… Sir – Johnny Utah (1991)

En 1991, Point Break a fait un carton — en 2015, le film au titre éponyme n’a même pas fait de l’ombre à l’original…à mes yeux en tout cas.
Par où commencer ?

Je vais tâcher d’être brève mais précise en comparant l’original avec sa pâle copie sortie il y a quelques semaines en France.

I’ve been to every city in Mexico. I came across an unclaimed piece of meat in Baja, turned out to be Rosie. I guessed he picked a knife fight with somebody better. Found one of your passports to Sumatra, I missed you by about a week at Fiji. But, I knew you wouldn’t miss the fifty year storm, Bodhi – Johnny Utah (1991)

Point Break 1991 : scénario et intrigue existants et intéressants : des casses de banques, le surf, l’éclate, le FBI aux trousses – simple mais efficace – les acteurs, c’était ça : Patrick Swayze parfait en Bodhi, surfeur rebelle – Keanu Reeves, pas le plus grand acteur qui soit mais il tient la route dans son rôle et accroche la lumière, philosophie du surf bien présente mais pas non plus étouffante, scènes d’action crédibles, avec les moyens techniques / effets spéciaux de l’époque

Point Break 2015 : scénario farfelu, impossible, pas crédible : une bande de fous de sports extrêmes et anarchistes qui veulent réaliser les 8 défis d’un maître japonais (« The Osaki Eight ») pour pouvoir « redonner à la Terre tout ce que l’homme lui a pris » (aux dépends de quiconque se mettra sur leur route — car dans leur parcours incontrôlé, ils se permettent de tuer, entre autres, des conducteurs de camions remplis d’or pour ensuite le reverser dans les terres …wtf?) – on passe du surf à tous les autres sports extrêmes juste pour en mettre plein les yeux aux spectateurs, les dialogues sont vraiment pauvres *, les acteurs : mauvais (tous, même Édgar Ramírez que j’avais pourtant bien aimé dans Joy et que l’on verra bientôt dans l’adaptation du livre The girl on the Train, au ciné en octobre prochain) mais en même temps c’est logique, avec un tel scénario et des dialogues qui ne resteront pas dans les annales – le film est soi-disant un remake mais n’est en fait que basé sur l’original car seuls les noms des personnages sont repris … Plus tu es tatoué, plus tu es rebelle (en tout cas dans cette version). Pour le reste, c’est pas ça du tout – les scènes d’action sont très divertissantes, certes, mais il n’y a que ça qui restera dans ma mémoire. Petit clin d’œil : James Legros (un de la bande de Bodhi, l’original) fait une apparition dans cette version (cette fois, en tant qu’adulte responsable)

* The only law that matters is gravity – Bodhi (2015)

Ils auraient pu titrer le film autrement et changer les noms des personnages et cela aurait été un tout autre film dans sa catégorie mais là, s’attaquer au nom même de Point Break … grrrr, Patrick doit se retourner dans sa tombe.

* “There’s a few billion dollars of gold down there.”
“You’re going to steal it?”
“No. We’re going to liberate it.” – Bodhi (2015)

* “I believe that, like me, the people behind these robberies are extreme athletes, using their skills to disrupt the international financial markets, and they don’t care who gets killed in the process” – Johnny Utah (2015)

Même si aucun des deux films est un chef d’œuvre, Point Break de 1991 restera un classique et est quand même bien meilleur, mais alors j’insiste, VRAIMENT meilleur que la version 2015… même si les scènes d’actions (snowboard, wingsuit, surf, moto etc.) en mettent plus la vue qu’en 1991 et même si certaines citations sont les mêmes, elles sont plus jolies dans la bouche de Bodhi 1991 que dans celle de Bodhi 2015

If you want the ultimate, you’ve got to be willing to pay the ultimate price. It’s not tragic to die doing what you love – Bodhi (1991, 2015)

– L’originalité du premier ne se retrouve pas dans le second…l’âme n’y est juste pas – adieu Bodhi & Utah 1991

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